Toutes les chaudières à condensation gaz ou fioul sont aujourd’hui
équipées de régulations électronique avec sonde d’ambiance ou extérieure, afin
de profiter pleinement de la condensation et atteindre les rendements affichés
par les constructeurs en situation réelle et de réellement condenser. Mais le
taux de condensation ne dépend pas que de la chaudière et des précautions de
conception, de dimensionnement et d’entretien sont nécessaires pour améliorer
la condensation de sa chaudière gaz ou fioul.
Il faut tout d’abord correctement dimensionner le circuit de chauffage
pour abaisser au maximum la température de retour. Le point de rosée optimum de
la vapeur d’eau est d’environ 57°C pour le gaz naturel et de 47°C environ pour
le fioul. Il est donc impératif de gérer un retour un retour d’eau inférieur à
cette valeur le plus souvent au cours de la saison de chauffage. La mise en œuvre
d’une sonde de température extérieure, voire d’une sonde d’ambiance (à ne pas
confondre avec un simple thermostat d’ambiance « tout ou rien »),
permet d’agir sur la loi d’eau (ou courbe de chauffe) et d’adapter automatiquement la température de
départ de l’eau aux besoins. La mise en place d’une sonde extérieure sur un
circuit chauffage réglé à 80/60°C permet ainsi à la chaudière de condenser plus
de 90% du temps.
En outre, une chaudière à condensation offre par ailleurs un meilleur
rendement à faible charge.
Par ailleurs, les figures ci-dessous, correspondant à une répartition des
jours sur Lyon, soulignent l'importance de la modulation (meilleur rendement à
faible charge) et le défaut d'intérêt de la surpuissance. Une chaudière gaz
condensation avec trop de surpuissance ne sert à rien, juste à moins moduler,
avec un fonctionnement se rapprochant du « tout ou rien », un
rendement de combustion mauvais et des pertes inutiles lors de la
pré-ventilation (évacuation des calories par la cheminée). Ainsi avec une
surpuissance de 10%, comme la chaudière est seulement capable de moduler
jusqu'à 20% de sa puissance, on obtient 54 jours d'exploitation sans modulation
(23% de la saison de chauffe). Pendant ce fonctionnement sans modulation, de
nombreux cycles de marche/arrêt du brûleur se produisent, diminuant d’autant sa durée de vie, et occasionnent
des pertes thermiques lors de sa relance. Si cette surpuissance est portée au
deux tiers, le délai de fonctionnement sans modulation de la chaudière double pour
atteindre presque 100 jours par an, soit pratiquement la moitié de la durée de
la saison de chauffe sur Lyon !
Une combustion « idéale »
La combustion doit être optimisée avec un réglage brûleur se
rapprochant de la combustion dite « stœchiométrique » ou idéale. Le
point de rosée sera plus bas et la chaudière condensera plus rapidement pour
plus de rendement dès que les retours de chauffage seront inférieurs au point
de rosée. La combustion stoechiométrique, repose sur le mélange de 1m³ de gaz
(composé de 83 à 97 % de méthane - CH4) avec environ 10m³ d'air (composé à 80%
d'azote et à 20% d'oxygène). En situation d'excès d'air nul (Il y a excès d'air
dès que le mélange compte plus de 10m³ d'air), le rendement est optimal. A
titre d’exemple, une chaudière avec un excès d'air condensera à 50°C quand une
chaudière avec un rendement optimum condensera à 59°C. Sur des chaudières « haute
performance », une sonde placée dans les fumées permet d’approcher en
permanence la combustion stoechiométrique.
Une eau chaude sanitaire au
maximum à 50°C
Même si certains indiquent que c'est à 60°C qu'il faut produire l'ECS
pour éviter tout risque de légionellose, encore faut-il être en accord avec la
réglementation qui oblige, pour des questions de sécurité, que l'eau chaude à tous
les points de puisage soit inférieure à 55°C. Dans tous les cas, même à 50°C,
l'eau chaude est encore trop chaude pour un usage sanitaire. Mais si celle-ci
est réglée à 50°C, il est certain qu’elle sera de l’ordre de 45°C aux points de
puisage, et que surtout le phénomène de condensation se produira lors des
soutirages d'ECS. Par ailleurs, la mise en œuvre d’un ballon pour le stockage d’une
eau chaude sanitaire à « basse température » permettra aussi à la
chaudière de condenser plus facilement : un ballon à stratification permet
de puiser l’eau chaude en partie supérieure et de chauffer celle-ci avec un
échangeur en partie basse plus froide, entrainant une température du circuit
primaire plus faible et une condensation plus facile. Enfin, en accord
avec l’utilisateur, pour optimiser le taux de condensation, il faut mieux opter
pour une mise en chauffe par cycle quotidien, en fonction des habitudes, plutôt
qu’une mise en chauffe régulière tout au long de la journée.
Un entretien annuel avec
contrôle
L’entretien annuel (pour rappel obligatoire), permet de vérifier chaque
année que les réglages de combustion sont les meilleurs avec le bon dosage
d'air du brûleur. Une chaudière dont les réglages de combustion sont les plus
parfaits possible permet de gagner 10% d'économies. Il faut aussi s’assurer de
l’écoulement des condensats, premier témoin d’une condensation effective. De
plus, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de sur-débit sur le circuit de
chauffage qui va induire un retour trop chaud, sans pour autant générer du
sous-débit dont le gradient de température trop important pourrait détériorer
la chaudière. Enfin, il faut éviter les situations d’embouage ou d’entartrage du
corps de chauffe qui réduisent les surfaces d’échange thermique et limite le
phénomène de condensation.




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