16 janvier 2011

Stockage Fioul : entretien, contrôle, dégazage, neutralisation

entretien de cuve fioul boues degazage neutralisationUne installation de chauffage au fioul implique de prendre quelques précautions avec notamment un entretien particulier de sa cuve de stockage. Et même dans le cas de l’abandon de cette dernière, des procédures strictes sont à respecter.

Il est ainsi vivement recommandé de faire nettoyer sa cuve de stockage fioul au moins tous les 10 ans afin de parer aux problèmes éventuels, tout d’abord à cause de la nature même du produit qu’elle contient. En effet le fuel est un produit sédimentaire, et au fil des années, les sédiments de celui-ci se dépose en partie basse de la cuve (comme du bon vin qui décante !). Au fil des livraisons (pour rappel, à réaliser toujours chaudière à l’arrêt !), plus la cuve se vide, de fines gouttelettes d'eau (condensation) apparaissent sur les parois du réservoir à cause des différences de température et oxydent le métal. L’eau étant plus lourde, elle va venir elle aussi en partie basse de la cuve avec les sédiments en amenant des oxydes. De l’eau de pluie peut aussi s’infiltrer dans la cuve. Certaines cuves plastiques résistent aussi assez mal aux UV (c’est pourquoi elles doivent être protégées du rayonnement solaire) et peuvent s’éroder sous l’effet du fioul. Enfin, depuis que le souffre a été quasiment enlevé du fioul (lubrifiant naturel et sorte « d’antibactérien » du fioul), et qu’une certaine quantité d’huile végétale a aussi été introduite dans le fioul domestique, des bactéries (mères de fuel) peuvent aussi se former au contact de le la lumière ou de la condensation dans certaines cuves (notamment en plastique) et venir se mélanger aux boues déjà présentes. La baisse des taux de soufre a aussi aggravé la tenue dans le temps du fioul : il est donc recommandé de faire procéder si possible à des livraisons de petites quantités, en tout cas à consommer rapidement (3-4 mois) plutôt que de remplir totalement sa cuve pour une année de consommation par exemple.

Ce mélange de sédiments plus eau (voir bactéries) forme ce qu’on appelle des boues, boues qui peuvent avoir des conséquences problématiques :
  • Mises en sécurité répétées du brûleur : vous êtes obligés de faire venir un chauffagiste assez fréquemment ce qui induit de nombreux coûts ;
  • Problème au moment du redémarrage de la chaudière ;
  • Colmatage des différents filtres : le fioul n’arrive plus au brûleur ;
  • Endommagement de la pompe et/ou du gicleur du brûleur : lorsque la chaudière fonctionne, vous entendez un bruit au niveau du brûleur (« il chante »), la pompe force pour faire venir le fuel ;
  • Corrosion accélérée de la paroi de la cuve (avec risque de percement) : consommation excessive par rapport à l’année précédente qui peut être causé par une fuite au niveau de la cuve.

Une autre raison au nettoyage de cuve est le contrôle de la paroi de celle-ci lors de l’intervention, le technicien qui descend dans la cuve inspectant visuellement la paroi pour informer le client de son état : fuites éventuelles, trace de corrosion à surveiller …

Le nettoyage d’une cuve se déroule de la manière suivante :

  • Démontage du trou d’homme et des tuyauteries
  • Pompage du produit en cuve et stockage dans le camion le temps de la prestation
  • Pompage des boues hydrocarburées de fond de cuve
  • Nettoyage manuel de la cuve : raclette caoutchouc, grattoir, chiffons …
  • Inspection visuelle
  • Renvoi dans la cuve du fioul « propre »
  • Remontage du trou d’homme (avec éventuellement changement du joint et de la boulonnerie) et des tuyauteries (éventuellement de la crépine), sauf si la cuve est percée !
  • Aspiration des tuyauteries
  • Transports des résidus en centre de traitement agréé.
Eventuellement durant cette opération de nettoyage, lorsque la cuve est propre et sèche, un contrôle d’étanchéité peut avoir lieu, en mettant cette dernière en dépression. Il est aussi important de faire contrôler l’étanchéité de sa cuve pour :
  • Faire des économies en détectant les fuites de combustibles ;
  • Eviter les interruptions de fonctionnement de vos chaudières suite à l’infiltration d’eau et de boues ;
  • Eviter que votre responsabilité soit engagée avec obligation de supporter les frais de dépollution pouvant se monter à plusieurs milliers d’euros, votre cuve percée pouvant être à l’origine d’une pollution des eaux souterraines ;
  • L’arrêté du 22 juin 1998 modifié le 18 avril 2008 du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement relatif aux réservoirs enterrés de liquides inflammables et de leurs équipements annexes, stipule que les installations classées pour la protection de l’environnement doivent subir un contrôle d’étanchéité tous les 5 ans dès lors qu’ils sont à simple enveloppe.
De plus, conformément à l’arrêté du 01 juillet 2004, la modification d’une installation de chauffage impliquant l’abandon du stockage de fioul domestique (par exemple conversion fioul vers gaz, ou fioul vers granulés bois), oblige ce dernier à être vidangé, dégazé et nettoyé, puis comblé par un produit ou un matériau recouvrant toute la surface de la paroi interne du réservoir ou retiré, afin d’obtenir un certificat de conformité d’abandon de cuve.

Avant la neutralisation et éventuellement la découpe de la cuve, celle-ci doit être dégazé afin que les travaux puissent être effectués sans risque pour les intervenants. Cette opération consiste à nettoyer à l’aide d’un dégraissant puissant les parois de la cuve afin de détruire le fuel et qu’aucune vapeur de fioul ne puisse se reformer.

La neutralisation s’applique aux cuves enterrées. La cuve préalablement nettoyée et dégazée doit être remplie de sable fin ou de bêton conformément à l’article 5 de l’arrêté ministériel du 18 avril 2008. Attention, beaucoup de particuliers pensent qu’il est possible de neutraliser son ancienne cuve en la remplissant d’eau. Cette technique est tolérée uniquement en cas de cessation temporaire de l’utilisation de la cuve : une neutralisation à l’eau ne peut excéder 24 mois !



Nous vous remercions pour votre visite !
N'oubliez pas de partager cet article sur les réseaux ...