30 août 2009

Installations chauffage et Sanitaire : attention au calcaire !

C'est en réalisant des remplacements de chauffe-eau électrique ou des dépannages de chaudières chez nos clients, qu'ils nous aient venu l'idée d'écrire cet article sur les méfaits du calcaire. Vous pouvez voir par exemple sur la photo ci-contre l'état d'un thermoplongeur issu d'un des chauffe-eaux électriques que nous démontons régulièrement (sachant que beaucoup de tartre est tombé lors du démontage !). Nous vous laissons aussi imaginer la couche sur les parois intérieures : le chauffe-eau de 200L vide était plus lourd que le nouveau cumulus en 300L ! Nos clients pensent très souvent et à tort que nous voulons leur vendre un produit supplémentaire lorsqu'on leur parle de protéger leur installation du tartre... Pourtant la photo parle d'elle-même !

Ainsi le calcaire peut avoir un effet ravageur sur toute votre installation (chauffage et plomberie), augmentant significativement votre consommation énergétique, et au pire, entrainant des pannes, et ceux sans vraiment savoir pourquoi pour le client. Il faut savoir que les chaudières nouvelles générations ne sont plus de "grosse cocottes minutes" d'antan, avec des tuyauteries de diamètre important. Les tuyaux et organes sont en effet beaucoup plus fin. D'ailleurs aujourd'hui, tous les constructeurs de chaudières se couvrent étrangement et exigent dans leur documentation un désembouage/nettoyage intégral du circuit de chauffage lors du remplacement de la chaudière, ainsi qu'une alimentation en eau de qualité par la suite pour bénéficier de leur garantie constructeur.

Le Calcaire est toujours présent dans l'eau de consommation, qui suivant son origine, est plus ou moins "dure". Sa dureté, soit sa teneur en carbonate de calcium et magnésium, se mesure en degré français (TH), anglais ou allemand selon les pays :

  • le degré français = 10 mg CACo3 par litre d'eau
  • le degré allemand = 1.78 degré français
  • le degré anglais = 1.48 degré français

Si le TH est inférieur à 12°, l'eau est douce et à une tendance naturelle corrosive. Dans ce cas il n'est pas obligatoire de réduire le TH (ce qui n'arrête pourtant pas les marchands d'adoucisseurs !). De 13 à 24° TH l'eau est réputée moyennement dure et commence à nécessiter un traitement. De 25 à 50° TH l'eau est dite dure, et très dure au de là de 50°. Hormis pour l'optention de bien-être supplémentaire dans son logement, un traitement antitartre doit être envisagé aux alentours de 15° TH.

Mais attention, certains vendeurs peu scrupuleux vont parfois vous raconter n'importe quoi : le calcaire serait mauvais pour la santé, il encrasserait les reins et nos artères, favoriserait l'apparition de calculs rénaux etc. Si le calcium et le magnésium de l'eau étaient nocifs ils seraient classés comme tels. Toutes ces bouteilles d'eau qui se prévalent de leur richesse en calcium et en magnésium, sans parler des eaux minérales avec des minéralités bien au dessus des normes, seraient interdites à la vente. Calcium et magnésium de l'eau sont utiles à la santé et très bien assimilés. Plusieurs études scientifiques et tests cliniques ont montré l'intérêt des eaux calciques pour lutter contre l'ostéoporose, pour lutter contre les calculs rénaux, pour faciliter la calcification des enfants et des personnes âgées, pour réduire les risques cardio-vasculaires etc... En résumé boire une eau calcaire est utile, nécessaire et sans danger.

Mais aussi, plus il y a de tartre plus il faut de temps et d'énergie pour chauffer l'eau. 1°TH c'est l'équivalent de 1g de calcium par m³ d'eau... Alors on peut comprendre pourquoi une eau de TH 50° et une consommation moyenne de 200 m³ (famille de 4 personnes), ce ne sont pas moins de 10kg de calcaire par an susceptibles de se déposer. Imaginez l'état de votre cumulus et de vos canalisations au bout de 10 ans ! Dans tout corps de chauffe, la consommation d’énergie augmente environ de 10% par mm de calcaire incrusté !


Comment se forme le tartre ? Dans l'eau, les éléments chimiques (les sels) sont sous forme d'ions séparés (ions calcium Ca++, ions magnésium Mg++, etc...), de gaz dissous, (essentiellement gaz carbonique sous différents états et oxygène) et éventuellement de matières colloïdales (silices...). Sous l'effet de différents facteurs : variations de températures, départ de gaz carbonique, temps de séjour, les ions Ca++ et Mg++, en particulier, cristallisent, c'est à dire s'arrangent régulièrement dans l'espace, en formant avec le gaz carbonique, du carbonate de calcium CaCO3 appelé également Tartre ou Calcaire. Ces cristaux sont petits et fortement cimentés, et entraînent donc les phénomènes d'entartrage des boilers, chauffe-eau, chaudière, échangeurs à plaques ou tubulaires, robinetteries, faïences, sanitaires, etc... Le tartre est ainsi responsable de surcoûts (énergie, produits lessiviels, détartrants) et de dégradations importantes au niveau des cumulus, chaudières et robinetteries. Pour une famille, cela peut représenter jusqu'à plus de 800 €/an (environ 70€/mois pour une famille en région parisienne).

Il existe différents modes de traitement du calcaire : "chimique" ou physique.

Moyens chimiques

Ce sont les adoucisseurs ou plus souvent appelés affineurs (appareil employant des sels et résines). L'utilisation de résines échangeuses d'ions et de sels de sodium permet de retirer, partiellement de l'eau dure, le calcium et le magnésium ce qui diminue l'entartrage. Les rejets calcium, magnésium, sels de sodium, mélangés à l'eau de rinçage sont évacués à chaque régénération dans le réseau des eaux usées et des stations d'épuration. Cette quantité d'eau très importante, 15 à 25 mètres cubes d'eau par an pour un besoin de 3 à 4 personnes.

Moyens physiques

Ce sont les antitartres magnétiques ou électroniques, ou à catalyse.

Les antitartres magnétiques sont à base d'aimants permanents. L'eau conductrice passant dans un champ magnétique génère un courant électrique agissant sur les molécules de calcium et de magnésium de l'eau. La puissance de l'aimant détermine l'efficacité de l'appareil, d'autre part l'effet est suspendu à l'arrêt de l'écoulement de l'eau. Il est bien souvent nécessaire de poser plusieurs appareils sur une même ligne d'eau. Ces appareils peuvent être adaptés sur des bouclages d'eau en industries et collectivités.

Les antitartres électroniques sont à base d'émissions d'ondes électriques. Un émetteur de fréquences envoie sur l'eau à travers la canalisation des impulsions électriques suffisantes et nécessaires à la déstabilisation de la molécule de calcium contenue dans l'eau. En fonction des puissances et de la qualité des signaux émis, cet effet est permanent et continu sur toute la longueur de la canalisation à traiter. Ces appareils nécessitent une alimentation électrique. Ils s'adaptent à tous les circuits jusqu'au diamètre de 80mm.

Les antitartres à catalyse utilisent des granulés actifs. L’eau calcaire du circuit d’eau froide est acheminée dans un conteneur rempli de granulés actifs de catalyseur. Ces granulés, ne modifiant pas le goût, permettent sur une grande surface de transformer les composants calcaires contenu dans l’eau en cristaux, qui sans traitement, adhéreraient aux parois intérieures des conduites et génèreraient des incrustations. Ils restent donc en suspension dans l’eau et ne se déposent plus dans les conduites ni dans les appareils électriques mais sont évacués avec l’eau courante. L’ensemble du traitement est effectué hors tension et la protection contre les incrustations de calcaire s’étend aussi automatiquement au circuit d’eau chaude.

Conclusion

Il n'est donc pas facile de faire un choix, tant les partisans de chaque solution dénigrent souvent les autres !

A notre avis, les adoucisseurs ont le procédé le plus efficace contre le calcaire mais avec aussi quelques désagréments : prix, encombrement, installation plus complexe, changement de la composition de l'eau, risque de bactéries (avec certains modèles de GSB), contrat de maintenance recommandé, ... avec surtout une légère consommation d'eau. En outre, le procédé ne conserve pas la minéralité de l'eau (calcium et magnésium disparaissent), avec un ajout de sodium. ce qui peut être problématique pour certaines personnes devant suivre un régime sans sel (aucun danger pour les autres). Voir notre guide de l'adoucisseur.

Les "bons" (attention aux arnaques) anti tartre magnétiques ou électromagnétique, avec une forte puissance magnétique, fonctionnent aussi très bien et ne réclament aucun entretien ou consommable, sans gaspillage d'eau. Pour que l'effet antitartre se produise de manière optimale, il faut que l'eau ne stagne pas trop et qu'elle ne dépasse pas la température de 55° environ. Dans une maison, l'eau peut stagner pendant presque toute la journée et la température de stockage de l'eau est toujours supérieure à 55° dans une installation normale. Ce procédé sera donc plus performant dans l'industrie, par exemple pour l'alimentation en eau permanente de machines par exemple, avec des températures inférieures.

Si nous devions donc recommander un produit à nos clients, si la dureté le permet, notre choix se porterait plus sur les anti-tartres magnétiques ou catalytiques. Leur entretien est nul (magnétique) ou très réduit (changer la charge catalytique tous les 2 ans environ), et surtout ils traitent (sans rejet) la totalité du circuit d'eau sanitaire (chaude et froide), sans en modifier ses propriétés, simples à installer et robustes, prix abordable, et sans aucun consommable, avec en plus un effet détartrant sur une installation déjà entartrée. Enfin, pour un budget plus serré, il est recommandé d'au moins protéger ses appareils produisant de l'eau chaude (chaudière, chauffe-eau, machine à laver, ...) par au moins un filtre "simple" incorporant un filtre anti-impureté combiné à une charge de silicophosphate ou polyphosphate. Dans le cas ou la dureté est trop importante, seul reste la solution de l'adoucisseur pour préserver votre réseau et vos équipements.

Quelques produits recommandés :



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