19 juillet 2009

EDF n'aime pas les économies d’énergie !

voltalis bluepod effacement electriqueNous vous parlions il y a quelque temps (article) de la société Voltalis, un fabricant de boîtiers destinés à économiser l’électricité chez les particuliers et les entreprises. Pour rappel, ce boitier s’intercale entre le compteur électrique EDF et le tableau électrique de l’habitation, et permet de réaliser des économies d’électricité en temps réel (via un signal internet) en stoppant par exemple momentanément (sans que l’usager sans rende compte) les radiateurs électriques. Un concept très intéressant pour limiter les risques de surcharge du réseau électrique (pouvant être lourdes de conséquence comme des coupures généralisées) et pour alléger la facture des clients d’EDF.

Mais l’énergéticien français ne l’entend pas de cette oreille et vient de faire condamner la société Voltalis, par l’intermédiaire de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), à verser une taxe à EDF, qui s’estimait lésé par cette technologie et qui réclamait une « taxe » pour compenser le manque à gagner résultant des économies d’énergie réalisées par les clients de Voltalis. Il est à noter que les autres fournisseurs d’énergie (Direct Energie, Poweo, …) s’étaient aussi joints à EDF tout en réclamant une taxe d’un montant bien inférieur.

Pierre Bivas, le PDG de Voltalis qualifie la décision « d’injuste et partiale ». Le fournisseur d’électricité demande ainsi « une rémunération de l’énergie effacée par Voltalis, ce qui signifie que, si un ensemble de clients d’EDF acceptent de réduire leur consommation, EDF exige d’être payé comme s’ils avaient consommé ! » précise Pierre Bivas. Il poursuit en indiquant « que cette décision est surprenante, contraire à la mission de la CRE de servir les intérêts du consommateur, contraire au Grenelle de l’environnement et contraire aux lois du marché car elle constitue une entrave à la concurrence ».

Cette technologie est pourtant très intéressante aussi pour EDF dans la gestion de la fourniture d’électricité, en évitant notamment des pics de consommation aux heures de pointes (20% d’économies d’énergie électrique possible) et l’importation de courant. Mais Pierre Bivas estime qu’EDF cherche à freiner la généralisation de ce système car elle ne possède pas encore la technologie pour la développer elle-même. Enfin, la décision de la CRE est surprenante étant donné que son homologue américain (FERC) encourageait le 18 juin dernier au développement de tels systèmes.

La taxe serait de l’ordre de 70 à 80% des revenus de Voltalis, autant dire une ponction qui pourrait être fatale pour l’entreprise. Voltalis se réserve la possibilité de recourir à toutes les voies de droit pour faire rétablir l’intérêt des consommateurs sur celui des fournisseurs.



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