31 décembre 2008

Zoom sur le bambou, une plante durable !

Ce végétal utilisé depuis des millénaires (surtout en Asie), mais pourtant encore assez méconnu en occident, a servi (et sert encore) à fabriquer des meubles, des armes, des outils, des systèmes d'irrigation d'eau, des vêtements, des aliments, des matériaux de construction... Ainsi, plus d’un milliard de personnes vivent dans des maisons en bambou de part le monde, comme aux Philippines et dans les forêts tropicales de l'Equateur où 90 % des maisons sont encore faites en bambou. Le bambou est une plante à tout faire qui présente la particularité de se travailler comme le bois et d’engendrer une étonnante richesse de savoir-faire artisanaux.

Ainsi, le bambou commence à être de plus en plus considéré comme une plante d’avenir dans nos contrées, véritable alternative écologique au bois traditionnel par exemple, de part ses nombreuses qualités : une matière première "verte", "abondante", "durable", "solide", et "rentable".

Verte : une bambouseraie de 1 hectare absorbe davantage de dioxyde de carbone (62 tonnes de dioxyde de carbone par an) qu’une jeune plantation d’arbres traditionnels (15 tonnes/an), en générant 35 % d’oxygène de plus. Il limite l'érosion des sols (grâce à réseau racinaire très dense sur 60 centimètres de profondeur) et restaure des sols appauvris. On l'utilise pour l’élimination de certaines toxines du sol, et sa culture ne nécessite peu ou pas d'engrais, ni de produits phytosanitaires.

Abondante : Le bambou est non seulement la plante dont la croissance est la plus rapide sur terre (jusqu’à 1m par jour) mais également le plus grand producteur de biomasse, cette double performance étant dépassées seulement par l'algue marine. Cette plante est souvent utilisée pour reboiser une région ou des terres arides. Une petite surface de terre peut produire environ 200 troncs en cinq ans. Il faut le même temps pour faire croître un arbre suffisamment grand, avant de le couper.

Durable : A la différence des arbres qui doivent être abattus, le bambou ne meurt pas car il est récolté au-dessus du sol, sans endommager ses racines et la couche arable. La récolte peut être régulière grâce à la régénération rapide du bambou. Il se régénère sur une période de trois à cinq ans seulement. Rien à voir avec les projets de reboisement qui portent généralement sur une durée de 30 ans. La coupe d’un arbre de 18 mètres pour sa commercialisation implique une attente de 60 ans pour le remplacer. Pour un bambou de 18 mètres, le délai est de 59 jours. De par le monde, plus de deux milliards de personnes dépendent des industries liées au bambou pour le commerce et leurs moyens d’existence, la plupart dans des pays en voie de développement.

Solide : Plus résistant que l'érable, plus léger que le chêne, sa résistance à la traction est énorme : un bambou normal a ainsi une résistance à la traction pouvant aller 40 Kg/mm2 contre 37 Kg/mm2 pour l’acier de construction, et 5 Kg/mm2 pour le bois. Une barre d’acier d’un mètre de longueur et d’un centimètre carré de section et qui pèse 785 grammes supporte une charge de quatre tonnes avant de rompre. Un morceau de bois de même longueur et de même poids, ayant une section de treize centimètres carrés, résiste à huit tonnes de pression. Un bambou d’une longueur similaire, présentant une section de douze centimètres carrés, rompra qu’à partir de douze tonnes de charge ! C'est pourquoi le bambou est aussi surnommé « herbe d'acier » ou « herbe magique ». Pour exemple, la Chine a construit fin 2007 le premier pont routier en bambou du monde, qui mesure 9 m de long et 3,4 m de large. Le pont supporte une charge maximale de 90 tonnes et devrait résister 20 à 30 ans.

Rentable : Le bambou est une plante ligneuse à feuillage persistant de la famille des graminées qui se développe plus vite que les autres arbres. Ainsi le rendement par rapport à la coupe "des vieux arbres" peut être de 25 fois supérieures. Le commerce mondial du bambou et du rotin est actuellement estimé à plus de 6 milliards de dollars US annuels.

L’évolution actuelle du bambou va vers son usage déstructuré. Il devient un matériau composite exceptionnel. À partir de lamelles rabotées, étuvées, séchées et compressées, on réalise une grande diversité de planches et des contre-plaqués qui peuvent être à leur tour cintrés ou mis en forme à chaud. Les possibilités de combiner le bambou à d’autres matériaux (métalliques, plastiques...) ou de le substituer à certains composants notamment dans le processus d’élaboration de bétons légers sont également très prometteuses. Récemment au Japon des bandes de trois kilomètres de papier de bambou fortement torsadées en fils ont permis une fois tissées de réaliser le premier tissu de bambou.

Le bambou est donc vraiment une plante formidable et d’avenir. Ainsi, la prochaine fois que vous achèterez des meubles par exemple, regardez bien de quel bois il est fait. Avec le bambou, vous ferez un « petit » geste pour l’environnement et pour l’économie durable, tout en acquérant un mobilier robuste…



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